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Qu’est-ce que le microbiote intestinal ?

Le microbiote intestinal correspond à l’ensemble des  microorganismes qui vivent dans le tractus digestif. Il s’agit d’une biomasse considérable puisqu’il constitue un poids de 1 à 2 kgs et représente 40% du poids fécal. 

Chez l’Homme, le microbiote intestinal est composé de 100 000 milliards de bactéries soit 10 à 100 fois le nombre de cellules de notre organisme. On estime aujourd’hui que 800 à 1000 espèces bactériennes composent le microbiote intestinal dominant d’un individu adulte.

Le microbiote intestinal n’est pas distribué de façon homogène. A la naissance notre tube digestif est stérile. Dès que les membranes fœtales se rompent, la colonisation bactérienne commence. Le mode d’accouchement, le type d’alimentation, l’environnement et l’hygiène, puis la prise de médicament ou la diversification alimentaire  influencent cette  colonisation bactérienne chez le nouveau-né. La composition du microbiote intestinal se complexifie ensuite progressivement avec l’âge. C’est avec la diversification alimentaire que la composition de la flore augmente à la fois en diversité et en richesse pour se stabiliser vers l’âge de 3 ans.

Des modifications auront lieu lors des changements hormonaux (puberté, grossesse, ménopause). Avec l’âge la composition semble devenir moins diverse.

Sa composition varie donc tout au long de la vie mais également tout au long du tractus digestif, en effet, l’estomac héberge très peu de bactéries endogènes principalement en raison de l’acidité gastrique pH (compris entre 1,5 et 5). Les premiers segments de l’intestin grêle, duodénum et jéjunum, sont également pauvres en bactéries. Seuls quelques streptocoques y vivent. Il semble que le péristaltisme intestinal particulièrement actif à ce niveau induisant des temps de transit court (4 à 6 heures) empêche les bactéries de s’y maintenir. Au fur et à mesure que l’on s’approche de l’extrémité terminale de l’intestin grêle, le microbiote devient plus abondant et diversifié. Il atteint 108 bactéries/g de contenu au niveau de l’iléon terminal et 1012 au niveau du côlon. Au niveau du côlon, la concentration bactérienne reste semblable.  

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Ces bactéries produisent pour les unes des fermentations (colon droit au pH acide) en agissant sur les sucres, et pour les autres une putréfaction (colon gauche au pH basique) par action sur les protéines. Lorsque ces deux flores sont en déséquilibre il y a dysbiose intestinale.

Les rôles du microbiote intestinal

Ils sont majeurs pour notre bien-être et notre santé :

  • Dégradation de composés alimentaires (fibres, acides aminés…), qui seront fermentés pour certains dans le côlon par le microbiote, produisant des gaz et surtout des acides gras qui sont des nutriments pour les cellules de l’intestin, préservant l’intégrité de la muqueuse.

  • Synthèse de vitamines du groupe B, de vitamine K.

  • Protection contre la colonisation du tube digestif par des microbes pathogènes : c’est « l’effet barrière ». Le microbiote peut aussi dégrader des toxines.

  • Développement et maturation du système immunitaire. Le système immunitaire intestinal abrite 60 à 70% de nos cellules immunitaires. Le microbiote est essentiel à la mise en place puis au fonctionnement  de l’immunité intestinale mais aussi générale.

  • Physiologie intestinale et métabolisme

  • Sans microbiote, la physiologie du tube digestif n’atteint pas sa maturité. Récemment il a été montré qu’il intervient dans l’absorption des glucides et des lipides, dans le stockage des graisses, dans la régulation de l’appétit...

  • Production de substances actives sur le cerveau : le microbiote produit les mêmes neuromédiateurs que le cerveau ; il est impliqué dans le dialogue cerveau-intestin. 

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Qu’est ce qu’une dysbiose ?

 C’est un déséquilibre de la flore intestinale.  

Au niveau de l'estomac, on trouve le pH le plus bas (donc le plus acide) de tout le système digestif. Immédiatement après la traversée de l'estomac, cette acidité est corrigée par les sécrétions de l'intestin grêle, de la vésicule biliaire et du pancréas, qui ont tous trois des sucs digestifs basiques. Les aliments redeviennent légèrement acides à la fin de l'intestin grêle et au niveau du colon droit. Enfin, ils ont une valeur alcaline au colon gauche.

En gros, une mauvaise alimentation peut entrainer une acidité trop importante à la sortie de l’estomac. Cette acidité n’est tamponné que trop tard par les sucs digestifs à peu près au niveau du colon droit, et ce malgré la longueur de l’intestin grêle. C’est pourquoi les bonnes bactéries de fermentation qui travaillent en milieu acide sont « étouffées » par la prolifération des mauvaises bactéries qui prolifèrent, elles, en milieu basique. L’équilibre de la flore est alors déréglé et la flore de putréfaction du colon gauche augmente aussi anormalement (si l’alimentation est riche en protéines). Trop de protéines et c’est la flore de putréfaction basique qui domine et augmente dans le colon gauche car non contrebalancée par la flore acide de fermentation. Donc trop de sucres dans votre alimentation et vous tendez vers une dysbiose de fermentation basique (terrain propice aux levures, candida albicans en particulier) ce qui entraîne beaucoup de gaz et de ballonnements. Trop de protéines et c’est la dysbiose de putréfaction. Cette dysbiose entraîne aussi des gaz, mais plus nauséabonds.

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Les corps aromatiques de la dysbiose de putréfaction produisent des substances toxiques (ptomaïnes) responsables d'une auto-intoxication. Le foie les neutralise, mais lorsqu'elles sont produites en abondance, le foie est surchargé de travail, et rapidement débordé. Celles-ci passent alors dans la circulation générale. La langue prend un aspect qui témoigne de la surcharge du travail hépatique.

La dysbiose intestinale est, selon certains auteurs la cause de bien de nos maux. On trouvera : carences en vitamines, pathologies variées du colon (du colon irritable au cancer), et indirectement, inflammations ostéo-tendineuses, psoriasis, acné, eczéma, fatigue chronique, maladies auto-immunes, migraines, douleurs articulaires, asthme etc. La liste est longue, et surprenante …

Pour s’y retrouver, voici une liste de quelques symptômes qui s’associent à un déséquilibre de la flore intestinale, décrite par les auteurs :

  • Gaz et renvois : prolifération exagérée mixte.
  • Spasmes et crampe : putréfaction.
  • Constipation : fongique (fermentations), mais peut aussi signifier une insuffisance thyroïdienne.
  • Selles molles : peut résulter d’un type d’aliment allergisant.
  • Selles collantes : fongique, signe de l’intestin poreux (conséquence d’un excès important de sucres rapides).
  • Alternance de diarrhées et de constipations : syndrome du côlon irritable. Souvent dysbiose fongique (fermentation).
  • Mauvaise haleine et langue chargée : souvent dysbiose fongique Symptômes infectieux : la dysbiose fongique coexiste souvent avec une insuffisance thyroïdienne et/ou surrénalienne entrainant des états infectieux récidivants (rhinites, sinusites, cystites…)

Que faire ?

Mastiquer les aliments le plus possible. Les sucres lents et les protéines y trouveront un avantage digestif. Eviter la (sur)consommation de sucre raffiné, responsable de la fermentation, mais également la surconsommation de viandes responsable de putréfactions. Les sucres lents sans gluten, les fruits (pommes) et fibres diminuent les risques de putréfaction.

Effectuer régulièrement des lavements rectaux qui nettoient le colon d’une flore de putréfaction trop abondante.

Alléger le repas du soir donne moins de travail au foie, qui peut alors se consacrer à la détoxification du colon.

La prise de probiotique permet un réensemencement du colon avec une flore acide, bénéfique, qui s’équilibrera avec la flore de putréfaction.

LES CANDIDAS ou MYCOSES

Les candidas figurent parmi les 10 micro-organismes pathogènes les plus fréquemment isolés. Ce sont des champignons de type levure, qui vivent en saprophyte dans l’intestin humain et les cavités naturelles de l’Homme, urogénitales et oro-pharyngées, généralement en petit nombre. Ce n’est pas un ennemi, il vit généralement en symbiose avec son hôte dans le système digestif.

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Lorsqu’il se produit une rupture d’équilibre en faveur des Candida, en cas d’altération des barrières locales, déséquilibre de la flore, déficit immunitaire, ceux-ci se développent en grand nombre, et cette prolifération les rendent pathogènes, entraînant une multitude de symptômes extrêmement variés et peu spécifiques.

A l’état inoffensif, saprophyte, il est sous forme de levure, lorsqu’il devient pathogène, il se transforme en champignon et se présente sous forme de filaments, mycéliums qui peuvent migrer et coloniser d’autres milieux. A l’état d’équilibre dans le tube digestif, son développement est inhibé par les lactobacteries et les bifidobacteries de la flore intestinale.

Les Candida se développent surtout en milieu acide, de pH 2 au pH 4, mais peuvent survivre jusqu’à pH 9, ce qui explique la grande adaptabilité de ces champignons et leur résistance.

Facteurs prédisposant de la Candidose

L’une des principales causes est d’ordre nutritionnel, une alimentation riche en sucres raffinés, le Candida aime le sucre. Il est en effet capable de produire des peptides qui traversent la barrière intestinale et hémato-encéphalique et stimulent l’envie de sucre. En fait, tous les types de sucre sont impliqués, les fruits sucrés, ainsi que les produits laitiers fermentés, les graisses saturées, l’excès de viande (car il ne faut pas oublier que de nombreux antibiotiques sont ajoutés à l’alimentation animale), tous facteurs alimentaires qui vont altérer la flore intestinale acidophile.

La suralimentation en général, car dans ce cas les capacités digestives sont dépassées, surtout si l’on ne mastique pas bien.

Les médicaments oxydants : antibiotiques dont beaucoup font une consommation excessive mais aussi corticoïdes, pilule, chimiothérapie, transfusions sanguines et la plupart des vaccins !

Les boissons oxydantes : eaux d'adduction chlorées et stérilisées et certaines eaux minérales, toutes les boissons instantanées ou celles à base de jus de fruits ou de cola et certaines boissons alcoolisées.

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Les stress (physiques, énergétique, émotionnels et affectifs) et les pollutions (électromagnétiques, chimiques, électriques, fours micro ondes, téléphones portables, etc......) ont une répercussion oxydante par création de radicaux libres. Ils agissent en neutralisant les électrons.

L’ empoisonnement due aux amalgames de mercure dentaire, empoisonnement chimique au foyer (produits ménagers), au bureau (les célebres VOC - Volatils Organiques Composés), de l'environnement auprès des fermes et des usines chimiques etc., les drogues récréatives,

Conséquences physiologiques

 La candidose chronique produit :

  •  un effet irritatif direct sur les muqueuses digestives, avec pour conséquence l’apparition de stomatite, oesophagite, gastrite, colite.
  •  une fragilisation de la muqueuse intestinale, avec hyper-perméabilité, permettant le passage d’antigènes alimentaires, bactériens, perturbant gravement le système immunitaire. 
  •  un passage des ptomaïnes provoquant des phénomènes neurotoxiques (dépression, migraines).
  •  Passage d'autres toxines microbiennes qui affaiblissent le système immunitaire humoral (allergisations diverses).

 Une muqueuse fragilisée se laisse traverser par des protéines alimentaires non digérées qui pénètrent dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques, provoquant des allergies alimentaires ou des intolérances.

Les mécanismes moléculaires, qui expliquent les manifestations à distance de la candidose, sont maintenant bien connus :

Le Candida albicans produit au moins 35 peptides, qui en raison de l’hyper-perméabilité intestinale, traversent la muqueuse digestive et se retrouvent dans le sang, d’ou ils vont perturber le fonctionnement cérébral, et le système immunitaire.

Les signes de la Candidose

Ils sont très nombreux et peu spécifiques, ce qui explique que les médecins et les patients ne pensent pas souvent à la candidose

  • des signes digestifs : Effet de barrière gênant l'absorption de certaines substances minérales (Ca++, Mg+) - malnutrition, carences...stomatite, aphtes, colite avec flatulences, ballonnements, (y penser lorsque ceux-ci surviennent immédiatement après le repas), pyrosis, troubles du transit, démangeaisons anales que rien ne calme,

  • une fatigue progressive et inexpliquée, quasi constante, pouvant aller à la fatigue chronique,

  • des troubles psychiques, en effet, Le candida transforme les sucres en alcool avec formation d'acétaldéhyde qui passe dans le sang. Ce dernier réagit sur la dopamine (neurotransmetteur) et provoque dépression, anxiété, peurs, irritabilité, humeur variable, troubles de la mémoire et de la concentration, état dépressif, troubles du sommeil, migraine,

  • des troubles du comportement alimentaire, en particulier l’attraction pour le sucré,
  • Des infections gynécologiques et urinaires à répétition, Il faut souligner que les mycoses dont fait partie le Candida albicans surviennent en terrain acide. Il faut donc alcaliniser le terrain pour enrayer le processus.

  • des problèmes dermatologiques, eczéma, acné, psoriasis, mycoses des ongles (onychomycoses) donc la fréquence est en perpétuelle augmentation,

  • des allergies cutanées, respiratoires, alimentaires,

  • des perturbations du système immunitaire, pouvant donner des pathologies complexe, maladies auto-immunes, fibromyalgie (où l’on retrouve souvent le Candida comme facteur déclenchant) maladie de Crohn.

 Dans toutes ces situations, surtout si elles sont désespérément chroniques et résistent à tous les traitements, pensé à la candidose digestive.

 Comment la stopper ?

 La rééducation alimentaire est incontournable

  •  L’arrêt des sucres raffinés est la première des mesures à prendre : il faut couper les vivres au champignon ! Tous les sucres doivent être supprimés : le sucre blanc raffiné, mais aussi le miel, le sucre brun, ainsi que les boissons sucrées (soda) et les pâtisseries.Les fruits très sucrés devraient aussi être évités, du moins au début.

  •  Limiter les aliments riches en hydrates de carbone, le pain (surtout blanc), le riz, les légumes comme les carottes, les petits pois, maïs, pomme de terre… ainsi que les fromages fermentés, et chez les gens qui ont une hyper-perméabilité intestinale marquée, le lait de vache et les produits laitiers qui souvent aggravent l’inflammation locale. 

  • La suppression des médicaments favorisant les candidoses est également incontournable : corticoïdes bien sûr, mais aussi les anti-acides (une candidose chronique peut être une des causes du RGO !) avec l'accord du médecin bien entendu.

  Les soins annexes

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Les huiles essentielles : L’aromathérapie à fait la preuve de son efficacité dans les traitements locaux des candidoses. Le traitement de la candidose digestive chronique peut faire appel également aux huiles essentielles, par des prises au long cours et de manière discontinue. La prescription d’huiles essentielles par la voie buccale doit être faite par des thérapeutes expérimentés.

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La phytothérapie : De nombreuses plantes s'avérent très utiles, comme, l’ail qui est un puissant antifongique naturel, il peut être pris cru tous les jours, mais la prise de capsules d’extrait d’ail est sans doute plus agréable. L’extrait de pépins de pamplemousse, très efficace, non toxique, il doit être pris sous forme de gouttes, dilué dans de l’eau ou encore, l’échinacée,  plante immunostimulante par excéllence, elle à démontrée qu’elle diminue la fréquence des récidives des mycoses chronique, le lapacho, plante sud-américaine qui contient deux substances, la xyloidine, et un alcaloïde le lapachol, qui confèrent à la plante une action antimycosique importante. D'autre produits phytothérapiques ou plutôt mycothérapique sont également une arme de premier de choix, c'est le cas du Reishi ou du Maîtaké. 

Pour obtenir un résultat durable, il est indispensable d’associer des mesures hygiéno-diététiques à un traitement naturel suffisamment long pour venir à bout du déséquilibre de notre flore intestinale en faveur des champignons.

Il faut d’ores et déjà insister sur le fait que tout traitement des candidoses chroniques doit être poursuivi fidèlement pendant plusieurs mois pour obtenir des résultats durables. L’alimentation surtout, une fois corrigée, ne doit pas à nouveau se dégrader et revenir aux anciennes habitudes d’excès de sucres sous peine de rechutes.

 

Mme ORTIGUE Vanessa
Naturopathe