De manière générale, on attribue à l’ail des qualités: antibactérienne, antibiotique, anticancéreuse, hypolipémiante, hypotensive, inhibitrice de l’agrégation plaquettaire, expectorante et immunostimulante !

C’est pour ces différentes raisons qu’il est préconisé lors d’hypertension, d’hypercholestérolémie, de bronchite, de maux de gorge ou lors de calculs urinaires. L’ail a également des vertus antifongiques et agit contre les mycoses digestives.

Pour essayer de comprendre les capacités médicinales qui lui sont accordées, il faut examiner sa composition.

ail3L’ail apporte 130 kcals pour 100 g, ce qui est plus élevé que la plupart des légumes, mais qui est dû à sa plus faible concentration en eau. En effet, l’ail ne comprend qu’environ 60 % d’eau, contre 90 % en moyenne pour la plupart des légumes frais.

Il doit l’essentiel de son apport énergétique à ses glucides, composés d’une majorité de fructosanes, des glucides complexes dérivés du fructose.

Ses protéines, relativement abondantes, affichent une concentration particulière en acides aminés soufrés (cystéineméthionine).

Très riche en vitamine B6, il apporte également d’autres vitamines du groupe B (excepté la vitamine B12, absente des végétaux) et de la vitamine C.

Il contient aussi de petites quantités de bêta-carotène (provitamine A), de vitamine K et de vitamine E antioxydante (tocophérols).

Il renferme différents composés antioxydants, notamment des flavonoïdes et des polyphénols.

Comme les autres membres de la famille des liliacées (oignon, échalote, poireau), il comporte des composés sulfurés (contenant un ou plusieurs atomes de soufre) qui se forment lorsque l’ail est coupé. Responsables de son odeur et de sa saveur, ils sont également protecteurs sur la santé.

Il offre une richesse exceptionnelle en minéraux et oligo-éléments, notamment en calcium, phosphorefer et sélénium.  

Ses fibres sont relativement abondantes : plus de 2 g aux 100g. Elles sont composées de pectines, de substances mucilagineuses, de celluloses et d’hémicellulose

Outre ses apports, l’ail contient des enzymes (aliinase et peroxydase), mais ses qualités pharmacologiques sont principalement attribuées à ses composés soufrés, tels que l’alliine, l’allicine ou l’ajoène.

Propriétés thérapeutiques de l'ail

lymphocyte3-aStimule le système immunitaire

 

Le système immunitaire est composé de différents types de cellules et de substances protectrices qui combattent les infections et les parasites. Un système immunitaire fort est capable de défendre l'organisme contre les maladies liées aux bactéries, aux virus ou aux champignons. L'ail, grâce à l’allicine et l’allistatines I et II, deux antibiotiques naturels qui agissent principalement sur les entérobactéries et sur certains streptocoques et staphylocoques. Il est donc couramment conseillé pour lutter contre les troubles digestifs. En qualité d’antibiotique naturel il a une action préventive et curative, à la fois antiseptique, antiviral et bactéricide. L'ail a un long passé d'utilisation dans le traitement du rhume, grâce à ses composés soufrés, il est également très efficace contre les angines et les maladies broncho-pulmonaires (bronchites ou grippe, par exemple).

Il est vermifuge, tonique et répulsif contre les serpents venimeux et certains insectes piqueurs (hélas, il dégage pendant quinze heures une odeur désagréable par l'haleine et la sueur).

Participe à la santé cardiovasculaire

L'ail favorise la bonne santé du système cardiovasculaire. Il possède plusieurs principes actifs faisant la preuve de son efficacité hypolipémiante :

Les sulfides (DADS, DATS, MATS) : action sur la HMG CoA réductase corrélée avec une diminution des taux de LDL et triglycérides.

Les vinyldithiines : activité hépatique corrélée à une augmentation des HDL et de l’activité hypotensive et anti-thrombotique.

L’ajoène E : tout comme l'aspirine, empêche la coagulation du sang et la formation de caillots, de ce fait, il apporte une meilleure fluidité et protège le système contre les risques cardiovasculaires. Il est donc hypotensif, anti-agrégeant plaquettaire, et possède une activité anti-thrombotique.

L'adénosine : contenue dans les gousses d'ail, elle possède un petit effet vasodilatateur, ce qui permet une meilleure circulation sanguine et pourrait, d'ailleurs, expliquer également l'effet antihypertenseur.

Les prostaglandines : faculté de fluidifier le sang, ce qui peut encore améliorer la circulation sanguine.

L'alliine (ou sulfoxyde d’allylcystéine) : présente dans le bulbe d’ail intact, cette substance végétale neutre est pratiquement dépourvue d’odeur. Mais dès qu’on coupe ou qu’on écrase une gousse (un «caïeux») d’ail, une odeur puissante apparaît : en effet, lors de la contusion des cellules végétales, une enzyme spécifique de l’ail, l’allinase, est mise au contact de l’alliine. Cette dernière est alors décomposée en acide pyruvique et en allicine, qui est la substance très odorante de la gousse d’ail coupée ou broyée. L’allicine inhibe les enzymes présentes chez certaines bactéries, champignons et parasites, et donne à l’ail ses qualités microbiennes et antioxydants. On lui attribue aussi des propriétés antiplaquettaires.  Lors du chauffage, cette allicine se transforme à son tour, et donne de nouveaux composés soufrés. L’allicine peut également donner naissance à une substance, nommée «ajoène E».

Ces substances soufrées limitent la tolérance de l’ail chez les personnes ayant  un système digestif fragile, et sont responsables des effluves alliacées après consommation. 

S'oppose au développement de l'athérosclérose

Des données préliminaires suggèrent que l'ail peut aider à prévenir l'athérosclérose, une des causes les plus courantes de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral. Le dépôt de plaques athéroscléreuses dans les artères débute très tôt dans la vie. Leur formation s'accélère avec l'âge et avec l'exposition à des facteurs de risque comme une alimentation riche en graisses, un cholestérol élevé, le tabagisme ou le diabète. Des préparations à base d'ail ralentissent le durcissement des artères chez des animaux, réduisant la taille des plaques de dépôts de près de 50 %.

Déploie ses effets antioxydants

stress oxydatifL'ail est riche en principes actifs antioxydants incluant des composés organosoufrés et des flavonoïdes capables de piéger les radicaux libres. Il contient également du sélénium, indispensable à la glutathion peroxydase, une enzyme antioxydante d’action remarquable contre le vieillissement des cellules.

Des effets anticancéreux

Des cellules normales deviennent cancéreuses à travers différents stades d'un processus qui s'étale sur plusieurs années et le risque de cancer augmente avec l'âge. Des mutations dans l'ADN, provoquées par des radicaux libres ou par une liaison à des produits chimiques carcinogènes, peuvent déclencher un affaiblissement de la régulation de la croissance conduisant les cellules à se répliquer de façon incontrôlée et aboutissant à un cancer.

cellule

L'ail serait un anticancéreux. De nombreuses revues médicales précisent que l'ail peut réduire plusieurs tumeurs, même malignes. Les organismes de la santé conseillent la consommation de fruits et légumes pour prévenir le cancer. Depuis plusieurs années, on s’interroge sur l’effet des composés sulfurés dans la protection et dans le ralentissement du développement des cancers, avec une efficacité plus spécifique pour les cancers colorectaux et gastriques.

Les effets anticancéreux d'une alimentation riche en ail ont été montrés dans 12 études épidémiologiques réalisées en Chine, en Italie et aux États-Unis.

Avant d'aller plus loin, j’insiste sur un point essentiel : certains aliments peuvent avoir un effet préventif mais ne garantissent pas pour autant que l'on n’ait jamais de cancer, seulement que l'on réduise notre risque d'en développer un. 

Une alimentation riche en ail ainsi que les membres de la famille des liliacées (oignon, échalote, ciboulette, poireau) diminue donc le risque de cancer de l'estomac et contre le cancer colorectal. Mais, elle contribue également à diminuer d'autres risques de cancer : prostate et reins pour les hommes, sein pour les femmes et même certains cancers de la gorge et des voies respiratoires semblent moins fréquents chez les personnes qui consomment régulièrement de l'ail.

Cependant, l’ail cru aurait plus de propriétés que l’ail cuit. Cela serait dû à la dégradation, par la chaleur, de l’enzyme responsable de la production d’allicine et d’autres composés sulfurés, ainsi qu’à la diminution de la quantité d’antioxydants.

Au niveau du système digestif

Il participe à la digestion, du moins pour ceux qui le supportent bien : il passe mal auprès de certains estomacs, surtout quand il est cru. Pour les autres, il aide à maintenir un bon équilibre bactérien dans la flore intestinale.

C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il semble jouer un rôle positif dans la prévention de la turista ou diarrhée, subie par nombre de voyageurs qui se rendent dans des pays aux normes d'hygiènes peu strictes.

De la même manière, un peu d'ail soulage cette sensation de ballonnement qui pèse parfois. Les fibres de l'ail favorisent la fermentation et donc la digestion, tout en réduisant le volume des gaz qu'elle dégage.

De plus sa richesse en trisulfides environs 20 %) améliore les fonctions hépatiques. Le corps est mieux drainé, donc plus performant pour l’élimination des déchets.

Quelle partie de l’ail doit-on utilisée ?

Le bulbe, c'est-à-dire la gousse,  il est préparé et/ou consommé sous différentes formes : 

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- Teinture d’ail
- Extrait d'ail (liquide ou mou) ; 
- Huile essentielle d’ail
- Huile d'ail : utilisée pour calmer les douleurs rhumatismales, les inflammations auriculaires et les mycoses cutanées entre les orteils ; 
- Onguent ;
- Ail Frais ;
- Ail Séché ;  

 

Petites astuces :

La voie locale :

 - Pour traiter les infections fongiques : appliquer sur la peau le bulbe d'ail broyé (attention car l'ail peut donner une sensation de brûlure en cas de peau irritée), de l’huile d’ail ou utiliser une crème à base d'ail ou d’ajoène.

- Pour traiter un cor : appliquer de l’ail écrasé sur le cor, en ayant au préalable protégé la peau saine par du vernis durcisseur ou du sparadrap. Traiter ainsi pendant deux bonnes semaines. 

- Pour traiter une verrue plantaire : frotter avec un morceau d’ail pelé plusieurs fois par jours pendant plusieurs semaines.

 - Pour laver le corps d’une personne atteinte par la gale : 6 gousses d’ail écrasées dans un litre d’eau laisser macérer 5 jours au soleil.

- Pour soulager d’une piqûre d’insecte : après avoir extrait le dard, frotter avec une gousse d’ail.

 La voie interne :

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Pour lutter contre les parasites intestinaux et le tænia :

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Ail frais : consommer de 4 gr à 8 gr par jour,
soit 1 ou 2 gousses au petit-déjeuner ; 
 - Ail séché : 1 à 2gr par jour ;  
Ail vieilli : 600 mg à 900 mg par jour ; 
- Huile essentielle d’ail: 80 mg à 150 mg par jour ; faire faire des gélules ou des suppositoires par votre pharmacie.

En cas de cholestérol ou d’hypertension

Extrait standardisé à 1,3 % d'allicine : consommer entre 600mg et 1200mg à répartir en trois prises 
- Teinture mère d'ail : 6 ml à 12 ml à répartir en trois prises ; 
- Gélules d’ail extraction supercritique : environ 250mg par jour

En cas de toux

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Sirop d’ail : 1 cuillère à café toutes les 3 heures (80gr d’ail, 150ml d’eau et 200gr de sucre). Pilez l'ail, chauffer l'eau et le sucre, ajoutez l'ail pressé au mélange eau-sucre. Chauffez pendant une dizaine de minutes jusqu'à obtention d'un mélange sirupeux (on peut observer des "grosses bulles", signe qu'il faut arrêter la cuisson). Laissez refroidir, filtrez, mettez en bouteille

L'idéal, pour lui conserver toutes ses vertus, c'est de consommer l'ail cru, finement émincé, avec une salade par exemple. L'allicine est alors présente en grandes quantités. A la cuisson, en revanche, elle perd en puissance et l'on estime qu'il faut environ tripler la dose pour obtenir les mêmes bénéfices.

 L'ennui, c'est que tout le monde ne digère pas très bien l'ail cru, alors qu'il passe beaucoup mieux cuit. Une solution consiste donc à rajouter l'ail quelques minutes avant la fin de la cuisson : il ne sera plus tout à fait cru mais conservera la plupart de ses propriétés. Evitez, en revanche, de le laisser carboniser : il deviendrait alors plus toxique qu'autre chose. Pensez à retirer le germe central de la gousse d’ail avant son utilisation car il peut se révéler très difficile à digérer.

 Si ce n'est pas la saison ou que, vraiment, vous n'aimez pas l'ail, vous pouvez également le consommer sous forme de complément alimentaire, en gélules par exemple. Attention en effectuant votre choix, n'hésitez pas à demander conseil à un spécialiste. Il faut notamment que l'enrobage de la gélule résiste aux sucs gastriques pour qu'elle parvienne intacte et se libère dans les intestins.

Mise en garde

L’ail a beau être un condiment utilisé depuis la nuit des temps, il n’en est pas moins sans dangers et reste soumis à condition.

- Déconseillé aux personnes atteintes de porphyrie (maladie du sang rendant photosensible), car l'ail augmente les effets de cette maladie
- A éviter avant et après une intervention chirurgicale, compte tenu de l'effet anticoagulant et fluidifiant de l'ail 
- A ne pas utiliser en cas d'utilisation de plante ou de médicaments anticoagulants (personnes ayant des troubles de la coagulation)
- A noter que le goût de l'ail est transmis par le lait marternel. Donc on aurait tendance à recommander aux femmes allaitantes de limiter leur consommation d’ail, pour éviter que le goût piquant passe dans leur lait.

Dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée et d’un mode de vie sain, la consommation régulière d’ail contribue donc efficacement à la prévention des maladies.

Ah oui, une dernière chose

Les pâtes à l’ail, ou au pistou, l’aïoli, les croutons grillés frottés à l’ail pour la soupe de poisson, une salade frisée avec des pignons de pin et de l’ail pilé, en voilà de bonnes manières d’augmenter votre ration quotidienne. Un parfum de Provence va vous envahir.

 

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Mlle ORTIGUE Vanessa
Naturopathe-Réflexologue
http://vanaroms.fr