A quand remonte votre dernier éclat de rire, celui qui secoue le ventre, fait devenir rouge tomate, fait pleurer, ou se tordre et gesticuler dans tous les sens ? Longtemps apparemment, puisque des études montrent qu'en moyenne les Français ne rient que 60 secondes par jour. Pourtant le rire peut avoir des effets étonnants sur notre organisme. 


Petite leçon d’anatomie

muscles_zygomatiques_1Les muscles activés lors du rire sont ceux du larynx par vocalisation, les muscles intercostaux, le diaphragme, les abdominaux et bien entendu, ceux du visage. Si environ trente muscles interviennent dans les expressions du visage (contrôle des mouvements des yeux, de la face et de la bouche), dix-sept entrent en jeu dans le sourire. Parmi eux, les grands maîtres du rire sont les muscles grands zygomatiques et petits zygomatiques. Le sourire sincère et le sourire forcé n’utilise pas les même muscles, ainsi, le sourire spontané utilise un muscle, orbicularis oculi, qui entoure l’œil et se contracte, il ne se contracte pas de manière volontaire, c'est d'ailleurs ce muscle qui crée les "pattes d'oie" aux coins des yeux. Le sourire sincère utilise également un autre muscle, le grand zygomatique, qui va étirer les coins de la bouche jusqu'aux oreilles. Le sourire forcé, quant à lui, utilise uniquement le petit zygomatique (semblable au grand sauf qu'il est moins étendu) ; rien ne sert de plisser les yeux pour faire "sincère", vous aurez juste l'air plus idiot. Il y a un autre muscle que le sourire fabriqué peut utiliser : c'est le muscle risorius qui, au lieu d’étirer les coins des lèvres vers le haut, le fait de manière horizontale.De plus, d’un point de vue purement esthétique, le rire permet la souplesse du visage. Lorsque l’on sourie, on utilise moins de muscles que lorsque nous faisons la mauvaise tête. Le simple fait de froncer les sourcils utilise le double de muscles par rapport au sourire. Il faux les faire travailler pour éviter le relâchement musculaire. Les rides peuvent être retardées par ce travail musculaire.

     Photo n°1             Photo n°2

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A votre avis, laquelle de
ses photos est  le vrai sourire ?
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Réponse à la fin

 


Mais comment ça marche 

La zone du cortex cérébral concernant le rire se situe à droite du cerveau, plus précisément, dans le cortex cérébral où se situe le contrôle de la personnalité (l'Ego). Cette partie du cerveau est directement concernée par les réponses émotionnelles et non rationnelles. Tout le monde sait qu'une plaisanterie que l'on doit expliquer perd beaucoup de son pouvoir comique, le rationnel gâche la blague. C'est cette partie du cerveau, avec le lobe frontal, « notre grand inhibiteur, pour le rire, le sexe ou la nourriture », qui peut empêcher le rire ou… le permettre. Le lobe temporal, lui, est le siège de notre mémoire et de nos références.  Face à une situation, je compare avec ce que j'ai en stock, et si je trouve la chose décalée, je ris. L'information passe enfin par l'amygdale,  le grand gestionnaire de nos émotions. Alors le tronc cérébral  appuie sur le bouton rire et déclenche une série d'actes moteurs : étirements de la bouche, respiration haletante, dilatation lacrymale… .
Le fou rire, lui,  sollicite une autre partie du cerveau. Le bâillement et le rire contagieux active un système encore différent, celui des neurones miroirs : on rit parce que l'autre rit.

lobe frontal

Avant d’en détailler ses bienfaits, déterminons ce qu’est le rire

Le rire est un son, qui permet d'exprimer une émotion, mais il accompagne d’autre moyen de communication comme la parole ou le geste. Le rire est avant tout un moyen de communication non verbal dont tout être humain est doté dès la naissance. Il s’agit d’une manière de nouer des liens avec autrui, lorsque quelqu’un nous fait rire, c’est en général que nous lui accordons de la valeurIl existe une multitude de synonyme, ou d’expression pour signifier l’envergure du rire, comme, s'esclaffer, se poiler, se marrer, se bidonner, rigoler, ricaner...  Les rires traduisent des émotions très diverses, bien-être ou gêne, appréciation d'une plaisanterie ou moquerie, débordement de joie ou déséquilibre passager, allégresse ou folie. Chaque manière de rire incite à la communication, c’est une véritable mine d’informations, aussi bien sur nos voisins que sur nous-mêmes.

On à tendance à croire que le rire traduit la joie, le bien être, le plaisir, ce n’est pas toujours le cas. L’extériorisation des émotions peut être très subtile. Certains rires apparaissent lors d’un stress intense, d’une peur, d’une situation de malaise ou lorsque notre inconscient se sent en danger. Il permet de s’échapper psychologiquement d’une situation gênante, le cerveau ressent alors un bien être, par le biais de sécrétion d’endorphine. A l’inverse, dès la cessation d’un danger, il y a soulagement et ce soulagement provoque quelquefois le rire, c’est également le cas lors d’enterrement, ou la personne évacue son chagrin par le rire, il peut être mal perçu, mais c’est un refuge pour le cerveau. Le rire dans ces cas là permet d’accepter une situation, de la gérer.

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Bénéfices sur la santé physique

Premièrement, le rire va stimuler les systèmes sympathiques et para sympathiques. Ces deux systèmes innervent la plupart des organes. Ils ont de nombreuses interactions mais présentent habituellement un antagoniste dynamique : c’est à dire que l’un est excitateur et l’autre inhibiteur. D’une façon générale, on peut dire que le système nerveux sympathique prépare l’organisme à l’action : augmentation de la glycémie, intensification du métabolisme, les pupilles se dilatent, les muscles deviennent actifs, le cœur et les poumons sont mieux irrigués, le travail digestif ralenti…à l’inverse, le système nerveux parasympathique réussit à tout normaliser, bref ce qui à été augmenté, dilaté ou accéléré par le système sympathique est ici diminué, contracté et ralenti, il a un effet inhibiteur, donc calmant.

Le rire renforce le système immunitaire
Le rire diminue le taux de cortisol, hormone qui inhibe l'activité du système immunitaire dans le corps. Il contribue ainsi à accroître la production d'anticorps capables de protéger l'organisme contre les virus et les bactéries d’où l’expression « le rire dilate la rate. ». Le rire provoque une augmentation d'immunoglobuline A favorisant ainsi les défenses contre les maladies respiratoires. Certains auteurs ont mis en évidence une augmentation de l'immunité des rieurs envers des cellules cancéreuses.

Bon pour le cœur
Le rire améliore la circulation sanguine et l'oxygénation du muscle cardiaque, ce qui diminue le risque de formation d'un caillot sanguin et la pression artérielle.

Propriétés  antidouleur
Depuis
quelques années maintenant, les bienfaits du rire sont reconnus dans le milieu médical. On parle de rirethérapeutique. Ce réflexe émotionnel qu’est le rire libère des molécules neuronales qui sont des antalgiques naturels. En effet, le «vrai» rire, celui qui est incontrôlable, à gorge déployée (et non pas le rire de façade),rire-medecin favorise la sécrétion d'endorphines, nos morphines naturelles, et des catécholamines, des hormones qui luttent contre l'inflammation. En riant, on aide à lutter contre les douleurs chroniques. Ll'adrénaline et la noradrénaline sont sécrétés en plus grande quantité, or ces hormones ont des actions anti-inflammatoires, et ont bien une action bénéfique sur les états rhumatismaux par exemple.  Des périodes régulières de rire détournent l'attention de la douleur, améliorent la souplesse musculaire et abaissent la pression artérielle.  Les associations qui œuvrent pour la distraction mais aussi pour le bien-être de malades hospitalisés en pédiatrie, comme Le Rire Médecin, Rire clowns, ou encore ClownsZ'hopitaux  ont tout compris.

Le rire et le système digestif
Pendant le rire, la phase sympathique est suivie de la phase parasympathique. Le massage abdominal en profondeur du tube digest
if stimule la motricité intestinale, diminue la constipation, puis après le rire les fibres lisses se détendent et relaxent le tube digestif. Ce rééquilibrage peut aider les sujets fatigués et amaigris souffrant de constipation avec motricité intestinale réduite. Ou encore, les sujets anxieux et surmenés avec motricité intestinale augmentée (diarrhée) par contracture des fibres lisses de l'intestin (spasmophilie). Le doux ballottement de l'estomac augmente les sucs digestifs, ce qui a pour effet de régulariser la digestion et de freiner l'acidité de l'estomac.

Les organes glandulaires annexés au tube digestif sont aussi soulagés par le rire, le cholestérol apporté par l'alimentation est éliminé par sécrétion biliaire du foie, par la sueur et la respiration. Ainsi  le va-et-vient du diaphragme masse le foie, le cholestérol est ainsi mieux éliminé par voie biliaire. Le pancréas est aussi massé, régularisant la sécrétion d’insuline. La rate étant une réserve de sang, elle se gonfle dans le rire. Une de ses fonctions est d'épurer le sang et de retenir germes et cellules vieillies. Là aussi, son massage la vitalise.

Le rire et les voies respiratoires
Sous l'effet du rire, le diaphragme subit des contractions-décontractions alternatives qui contribuent à réaliser une véritable gymnastique interne, agissant sur les poumons. Le rire comme la toux contribue à l'expiration. Il contribue à pousser l'expir. Il augmente l'utilisation des muscles expirateurs. L'inspiration est plus ample, la pause respiratoire plus longue, et il y a une augmentation de l'expiration. Les écha
nges respiratoires sont 3 fois plus intenses dans les grands rires, ce qui a pour effet de mieux éliminer les toxines. Les adeptes réguliers du rire souffrent moins de rhumes, toux et autres infections pulmonaires. Il permet également de libérer les poumons de ses sécrétions et désencombre les bronches se qui favorise une plus grande capacité respiratoire. De plus, les alvéoles pulmonaires détruisent par combustion 10 % de la teneur en lipide dans le sang. Avec l'augmentation des échanges pulmonaires, le taux de graisse sanguine diminue ce qui a un effet sur le dépôt de cholestérol dans les artères. Le cerveau quant à lui, bénéficie d'un apport accru en oxygène. Le rire peut calmer une crise d'asthme en relâchant en profondeur la musculature lisse des bronches par action du système parasympathique. Les anxieux ont une respiration courte et saccadée, des périodes de rire rééduquent dynamiquement le rythme respiratoire.

Favorise le sommeil
Le rire permet de stopper les idées récurrentes et parasites qui font souvent barrage à l'endormissement. Il purge le système adrénergique d’éveil et laisse place à l'action de la mélatonine qui contrôle en partie le système du sommeil. Le rire prépare au sommeil en relâchant les tensions internes. Après avoir ri, nos muscles sont dans un état de relaxation qui facilite le sommeil.

Stimule la créativité et la mémoire
En riant l'apport sanguin augmente dans les zones du cerveau où logent les fonctions cognitives supérieures. Ces zones permettent d'analyser, de réfléchir et de planifier. La mémoire, le langage et la créativité est accu durant une période de 35 à 45 minutes qui suivent
l’épisode comiques. Le cerveau étant mieux oxygéné, on se sent plus alerte, plus créatif et on résout plus rapidement les problèmes.

Bénéfices sur la santé psychique

Le rire est l'un des remèdes les plus faciles, économiques et efficaces contre le stress. Il amène l'hypothalamus (situé à la base du cerveau) à sécréter des endorphines, aussi appelées «hormones du bonheur». Les endorphines apaisent le corps et apportent un bien-être en réduisant les excès d'adrénaline et de cortisol (hormone en jeu dans le stress). Le rire permet aussi de relâcher les muscles tendus et de libérer l'esprit de ses préoccupations.

Au niveau de l’humeur, c’est la dopamine qui prend le relais, neurotransmetteur primordial dans les sensations de plaisir. Viendra ensuite la sérotonine, autre neurotransmetteur, elle possède une action antidépressive, antimigraineuse et régulatrice du sommeil. Il est connu que les dépressifs ont un manque d'adrénaline, hormone produite dans la phase sympathique (active) du rire, tout comme la sérotonine qui a un effet antidépresseur. Le rire est une détente pour l'esprit. Il possède une action relaxante. C'est aussi une défense contre le stress, la tristesse et  la déprime. Pour les psychanalystes, l'humour et le rire sont un moyen de détourner la souffrance psychique et de se protéger : c'est un processus de défense, qui permet de canaliser l’agressivité, et de dédramatiser certaines situations. L'énergie qu'il mobilise, sa brusque décharge émotive font de lui un facteur de détente et d’apaisement.

Bénéfices dans le relationnel

humourLe rire agit comme véritable lien social. Il n’existe rien de plus communicatif que les éclats de rire d’un collègue de boulot ou même ceux d’un inconnu dans la rue. L'humour met à l'aise, détend l’atmosphère et favorise les rapprochements. Il intervient également de manière très positive dans la gestion des conflits,  une bonne plaisanterie peut désamorcer la colère ou une tension. En stimulant la collaboration et la synergie de groupe, il permet d’atteindre ensemble un objectif dans les meilleures conditions. Enfin le rire nous rend plus chaleureux et séduisants ! En titillant les glandes lacrymales, il ajoute de l’éclat au regard.

Pour les psychologue, il est essentiel de savoir se moquer de soi-même, dans le but de se rappeler que l'on n'est pas toujours parfait. Savoir rigoler de ses erreurs nous permettrait d’être plus à l’aise et d’avoir moins d’inhibitions. Et puis recadrer son ego de temps à autre ne peut pas faire de mal !

Mais le rire n'est pas toujours suscité par l'humour ou la tristesse, il est parfois pathologique et signe alors une maladie mentale

Certaines lésions cérébrales comme la sclérose en plaque donnent un rire éclatant sans joie. Une forme d'épilepsie donne des rires étranges. Les démences préséniles (maladie d'Alzheimer) sont des atrophies cérébrales survenant après la cinquantaine où les malades, ne peuvent rien prendre au sérieux et ont tendance à faire des plaisanteries stupides. Les schizophrènes ont des rires explosifs, mal adaptés, discordants, ils font partie de nombreux autres symptômes de la dissociation de la personnalité caractéristique de ces malades. Quant aux maniaques (dérèglement de l'humeur, excitation incontrôlée, agressivité) l'éclat de rire est un symptôme important qui traduit surtout les intentions agressives vis-à-vis de l'autre.

Pour conclure, le rire contribue à synchroniser les deux hémisphères du cerveau. L’équilibre entre l’hémisphère gauche (siège de la raison, de la logique et de l’analyse) et l’hémisphère droit (créativité, émotions, imagination et rire) facilite la prise de bonnes décisions et un sentiment de bien-être.


Alors, amusez-vous et gardez le sourire !

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La bonne réponse est la photo n°1, regardez les yeux.